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Objets personnels au bureau

Privatgegenstände im Büro - buerostuhl24

Laura Hofstetter |

Tout manager a intérêt à ce que ses collaborateurs se sentent bien sur leur lieu de travail. Et pour l’ambiance au sein de l’entreprise aussi, une petite touche personnelle sur un bureau bien rangé peut tout à fait être bénéfique, comme le prouvent de nombreuses études. La photo régulièrement mise à jour des enfants donne par exemple l’occasion de parler avec un collègue ou une collègue d’autre chose que du nouveau logiciel de facturation. Le petit emblème du club invite à discuter des résultats de l’équipe de Bundesliga le week-end dernier. Comme pour presque tout dans la vie, c’est aussi ici la mesure qui fait la différence entre « favorable à l’ambiance » et « nuisible à la carrière ».

Sommaire

  • Le bureau comme carte de visite du collaborateur
  • La décoration du bureau comme question juridique


Le bureau comme carte de visite du collaborateur

Car, comme pour l’ordre au poste de travail, les objets personnels sont un sujet délicat : le chef remarque tout à fait l’état du poste de travail et en tire ses conclusions. Certes, aucun supérieur n’aura quoi que ce soit contre le fait qu’un collaborateur installe une plante, quelques photos ou un (!) fanion de supporter. Mais là aussi, il existe des exceptions que les nouveaux collaborateurs devraient connaître le plus vite possible, avant par exemple d’installer une boule à facettes au-dessus du bureau ou de recouvrir au crochet la chaise de bureau. Un critère d’exclusion possible est par exemple l’accueil de clients dans le bureau ; sur ce sujet, les entreprises suivent souvent leurs propres directives, qu’il convient bien sûr de respecter. Et même en l’absence de telles règles, il n’est pas inutile de jeter un coup d’œil dans le service ou même dans le bureau du supérieur : si le chef ou les collègues ont des objets personnels sur leur bureau, un peu de décoration sera en principe autorisée. Pour en avoir le cœur net, il suffit simplement d’aborder le sujet.

Le bureau comme carte de visite

En principe, un bureau, et plus particulièrement un open space, est aussi une carte de visite qui en dit long sur le caractère de l’entreprise. Y règne-t-il plutôt une atmosphère chaleureuse avec beaucoup de place pour l’individualité, ou un environnement de travail très design et clairement structuré, où les caractéristiques et besoins personnels passent après le planning de travail ? Les bureaux permettent eux aussi de tirer des conclusions sur le caractère du collaborateur : celui qui décore son poste de travail avec discrétion et un certain sens du style se plaît sans doute volontiers au bureau. Celui qui n’“agrémente” son bureau qu’avec du matériel de travail ou des restes de pause déjeuner comme des sachets de moutarde ou des serviettes de restauration rapide est probablement pressé de rentrer chez lui. En fin de compte, l’apparence attendue dépend aussi du secteur dans lequel l’entreprise évolue. Le service comptable d’une compagnie d’assurances sera très différent de l’atelier créatif d’une agence de design de mode.

Valable aussi pour le bureau : tout est une question de juste mesure

Comme toujours, tout est une question de juste mesure. Les collaborateurs dont le bureau ressemble à une échoppe de bibelots à Ballermann seront plutôt perçus par les supérieurs, les collègues et les éventuels visiteurs comme désordonnés, peu professionnels ou négligés. Pour les collègues qui n’ont guère plus qu’un ordinateur et une feuille de papier sur leur bureau, on peut facilement penser qu’il s’agit d’un collaborateur fade, peu créatif, voire improductif. En conséquence, les armées de figurines surprise, les brigades de petites voitures Matchbox ou les collections de peluches ont davantage leur place sur une étagère à la maison ; en revanche, une lampe de bureau personnelle, une photo de famille ou de vacances dans un cadre ou une plante de bureau bien entretenue ont tout à fait leur place sur le bureau. Selon des études, un poste de travail aménagé de cette manière favorise même la créativité et est donc souvent aussi apprécié par les supérieurs.

La décoration du bureau comme question juridique

Mais qu’en est-il en droit du travail : les salariés ont-ils le droit d’aménager librement leur poste de travail ? La réponse est oui… et non ! Ce sujet a deux facettes, car le droit de direction du supérieur se heurte au droit de la personnalité du salarié. Le chef obtient par exemple gain de cause lorsqu’il invoque le contact avec la clientèle. Après tout, ses collaborateurs représentent aussi l’entreprise auprès des clients à travers leurs postes de travail. Dans un open space, les questions de goût personnel sont certes moins exposées, mais restent malgré tout clairement discutables. C’est dans le bureau individuel, que les clients ne voient normalement jamais, que le supérieur peut le moins intervenir.

Il ne devrait pas non plus. C’est en tout cas la conclusion des auteurs d’études qui expliquent qu’un poste de travail décoré peut aussi aider les collaborateurs à mieux s’identifier à leur travail. Il y a bien sûr aussi des limites, par exemple lorsque certains objets de décoration risquent de déranger quelqu’un. Le pin-up Playboy du mois n’a pas plus sa place sur le panneau d’affichage qu’un décapsuleur en forme de phallus dans le pot à stylos ou des cartes de maximes à double sens près de l’écran. Ce genre de choses est considéré comme sexiste et donc clairement discriminatoire. Si un collaborateur se plaint de matériel offensant sur le bureau voisin, le chef doit intervenir.

Vêtements, chaussures, cosmétiques ou sacs à main

De la même manière, les cosmétiques, les chaussures ou les sacs à main n’ont rien à faire sur le lieu de travail. Bien sûr, il est pratique d’avoir une tenue de rechange au bureau, et aucun supérieur n’y verra d’inconvénient. En revanche, l’endroit où elle est rangée peut poser problème. Les vêtements doivent par exemple être rangés de manière à ne pas être visibles. S’il n’y a pas d’armoires vestiaires dans le bureau, le tiroir du bureau peut tout à fait être transformé en mini-dépôt de vêtements. Le vernis à ongles, les crèmes pour les mains, les brosses à dents ou les déodorants en spray n’ont pas non plus leur place sur le bureau et doivent être rangés à l’abri des regards. D’autres objets personnels, comme le livre du moment qu’un collaborateur pendulaire lit dans le train pour aller au travail ou des lunettes de soleil, peuvent en revanche généralement être laissés sur le plateau du bureau.

Et qu’en est-il des plantes au bureau ?

En principe, il n’y a rien à redire non plus contre de grandes plantes dans le bureau (voir aussi l’article Plantes au bureau). En effet, la verdure améliore généralement l’air du bureau et apporte des touches décoratives attrayantes qui, comme cela a été prouvé, détendent le regard. Il y aura aussi rarement des personnes qui trouvent une plante inesthétique. Malgré tout, là aussi, la règle est la même : mieux vaut demander avant. Surtout dans les cas limites, par exemple lorsqu’il s’agit d’apporter un yucca haut comme un homme ou le caoutchouc hérité de tante Gertrude, il vaut mieux demander au préalable l’accord du chef et des collègues. Pour les pots de fleurs posés au sol et non sur le bureau, il faut veiller à ce qu’ils ne se trouvent pas dans les voies d’évacuation et n’enfreignent donc pas la réglementation en matière de sécurité incendie.

Déplacer des meubles au bureau uniquement avec l’accord du chef

La limite entre l’aménagement décoratif du poste de travail et une intervention de décoration intérieure est d’ailleurs franchie dès lors que l’on déplace des meubles. Les collaborateurs ne sont pas autorisés à intervenir dans l’aménagement du bureau en changeant leur bureau de place, en mettant leur chaise de bureau de l’autre côté ou même en transformant une étagère en séparateur de pièce. Si un collaborateur installe par exemple toute une bibliothèque murale, cela n’est pas non plus possible sans l’autorisation préalable du chef. Ce type de transformations devient d’ailleurs discriminatoire lorsque des meubles ou des rangements sont placés de telle sorte qu’il n’est plus nécessaire de voir le voisin de bureau.